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Tahiti, située dans l'archipel de la Société, est l'île phare du territoire puisqu’elle regroupe plus des deux tiers de la population de la Polynésie-Française. Sa principale ville, Papeete, en est la capitale et le principal centre économique.
ÉCONOMIE Pendant près de trente-cinq ans, l'économie polynésienne a largement profité des retombées économiques du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) de Mururoa et Fangataufa où la France a mené ses campagnes d'essais nucléaires. L'image de la Polynésie a été quelque peu ternie par ces essais, mais leur arrêt définitif en 1996, après une dernière campagne fort contestée dans le monde, a engendré sur le territoire une nouvelle source d'inquiétude. Certes, la France s'est engagée à verser une indemnité destinée à compenser cet arrêt mais pendant dix ans seulement. Entre-temps, le défi auquel doit faire face le territoire consiste en un redéploiement complet de ses activités économiques. Outre la culture
des perles, le principal espoir réside désormais dans le développement de
l'activité touristique. Mais, si le mythe tahitien reste toujours aussi
vivace dans les imaginations, les chiffres disponibles ne reflètent que modestement
cette attirance. Il est vrai que l'équipement hôtelier local, s'il est de
bonne qualité, pratique des prix peu concurrentiels. De plus, la
Polynésie-Française a pendant longtemps souffert dans la région d'une
mauvaise image de marque liée aux essais nucléaires. On note toutefois,
depuis deux ans, une forte croissance du secteur touristique, puisqu'en 1998
celui-ci représente plus de 20 p. 100 du PIB, soit une hausse de
plus de 10 p. 100 par rapport aux cinq années précédentes. L'effet
psychologique de l'arrêt des essais a certes pu jouer, mais c'est surtout la
déréglementation aérienne qui, en diminuant les coûts du transport aérien, a
permis d’accroître la clientèle potentiellement intéressée par la Polynésie.
Néanmoins, des infrastructures adaptées restent encore à développer et à
améliorer afin d’attirer une clientèle plus internationale, en particulier
les Australiens et les Néo-Zélandais qui disposent d'un niveau de vie plus
élevé que celui de la clientèle métropolitaine. Le PIB global de la Polynésie-Française
atteint aujourd’hui 1 760 millions de dollars et son PIB par
habitant environ 8 000 dollars.
HISTOIRE Magellan est, en 1521, le premier navigateur européen à « découvrir » quelques îles qui font aujourd'hui partie intégrante de la Polynésie-Française. Au cours des XVIe et XVIIe siècles, les navigateurs Mendena, Quiros, Schouten, Le Maire approchent à leur tour des rivages polynésiens. Mais c'est à l'Anglais Samuel Wallis que reste attaché dans la mémoire collective le souvenir de la découverte de Tahiti en 1767. L'année suivante Bougainville baptise cette île « la Nouvelle Cythère » en souvenir des fortes impressions laissées sur l'équipage par les habitantes des lieux. Cook fait également escale deux fois dans l'île mythique, en 1769 et en 1774. En 1797, la London Missionary Society (LMS), d'inspiration calviniste, envoie sur place dix-huit fervents prosélytes. Cette présence après bien des péripéties est finalement couronnée de succès en 1815 lorsque l'un des rois de Tahiti, Pomare II, se convertit au christianisme. L'influence politique de la LMS s'accroît alors si puissamment qu'elle se taille un véritable royaume temporel qui exclut d'emblée toute autre obédience religieuse et plus précisément celle de l'Église catholique romaine. La présence française résulte paradoxalement de cet ostracisme. C'est effectivement en cherchant réparation pour les humiliations subies par son clergé, interdit de séjour, que les représentants français décident en représailles d'imposer un protectorat sur Tahiti et sur Moorea. L'amiral Dupetit Thouars force alors la main à la monarchie tahitienne, en profitant de l'inertie des Anglais, et ce, en dépit des protestations de leur consul Pritchard. Les Français élargissent par la suite leur domaine, tant institutionnellement (passage du statut de protectorat à celui de colonie en 1877) que géographiquement : aux Marquises et à Tahiti, déjà sous contrôle français, s'ajoutent les dernières îles de la Société (1897) et les îles Australes (1900). Cette patiente consolidation de la présence française masque en fait la profonde léthargie économique dans laquelle sombrent ces archipels polynésiens, même si l'on doit relever, ici ou là, le développement vite contrarié de la culture du coton, avec l'aide d'une main-d'œuvre chinoise importée, de la vanille ou du café. Seule l'exploitation du coprah dans de gigantesques cocoteraies offre alors au territoire un semblant de dynamisme. Elle permet néanmoins l'émergence d'une petite bourgeoisie, qui finit par occuper une place clé dans la société tahitienne. La Seconde Guerre mondiale sort réellement la Polynésie-Française de son assoupissement colonial : ralliés dès 1940 à la France Libre, ceux que l'on appelle alors les Établissements français d'Océanie (EFO) mettent à la disposition des Alliés tant leurs ressources humaines, avec la création d'un bataillon du Pacifique, que leur situation géographique. Les Américains, profitant de sa position stratégique, aménagent alors un aérodrome dans l'île de Bora Bora. Du traumatisme laissé par les années de guerre émerge la conscience d'une identité polynésienne incarnée par un leader charismatique Pouvanaa a Oopa, qui joue un rôle de premier ordre entre 1947 et 1977, mobilisant une importante minorité sur des positions indépendantistes exprimées dès 1958. En 1960, l'ouverture de l'aéroport international de Faaa (Tahiti) permet un désenclavement progressif du territoire. Cet événement précède de quelques années la décision de transférer la base d'expérimentation nucléaire du Sahara en Polynésie-Française. Pour les besoins du CEP (Centre d'expérimentation nucléaire), les atolls inhabités et relativement isolés de Mururoa et Fangataufa sont réquisitionnés pour les besoins des essais qui se sont poursuivis au rythme de quatre à cinq par an, dans l'atmosphère jusqu'en 1975, puis souterrains. En 1996, après une ultime série d'essais, le gouvernement français met définitivement fin aux expérimentations. À la suite de la pression croissante exercée par le parti indépendantiste, un nouveau statut est accordé en 1984 au territoire qui bénéficie d'une plus large autonomie interne. Il est aujourd’hui doté d'une Assemblée territoriale de quarante et un membres qui élisent un Conseil des ministres ainsi qu'un président, tandis que la France est représentée par un délégué du gouvernement notamment chargé des questions de maintien de l'ordre. Le président du territoire est depuis 1991 Gaston Flosse, leader du Tahoeraa Huiraatira (parti favorable au maintien de la Polynésie-Française au sein de la République). Aux dernières élections de mai 1996, le parti indépendantiste d'Oscar Temaru (le Tavini Huiraatira) arrive en seconde position avec plus de 10 p. 100 des voix. (voir Dom-Tom) Superficie terrestre : 4 200 km2 ; superficie maritime : 5 030 000 km² ; population (estimation 1998) : 237 844 habitants. |