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Sardaigne, île italienne de la mer
Méditerranée, constituant une région administrative de l'Italie. Située à
l'ouest de la péninsule italienne et au sud de la Corse, dont elle est séparée
par les bouches de Bonifacio, elle est bordée à l'est par la mer
Tyrrhénienne. Deuxième plus grande île de la Méditerranée, la Sardaigne
s'étend sur environ 267 km de long et sur 120 km de large. Le
relief est essentiellement montagneux. Le nord-ouest de l'île est formé de
plateaux volcaniques dominant la plaine littorale de la Nura. La partie
orientale de l'île est constituée par un massif ancien culminant à
1 834 m d'altitude, dans les monts du Gennargentu. Il est séparé au
sud du massif de l'Iglesiente par la plaine du Campidano, située dans un
fossé d'effondrement. Les côtes, rectilignes à l'est, sont découpées et
bordées d'îles à l'ouest. Les principales rivières sont le Flumendosa et le
Tirso. Le climat est méditerranéen. La région comprend les provinces de
Cagliari, Nuoro, Oristano et Sassari. La capitale est Cagliari.
L'isolement de la Sardaigne, ainsi que sa faible population,
réduite encore par une forte émigration, explique le retard économique de
l'île qui l'apparente aux régions du Mezzogiorno. L'économie insulaire reste
dominée par l'élevage et l'agriculture. La montagne vit de l'élevage ovin
extensif et transhumant, les vallées et les plaines de cultures à faible
rendement (céréales, oliviers, vergers, vignes, cultures maraîchères et tabac).
La plaine de la Nura, jadis marécageuse, a été drainée et bonifiée. La
Sardaigne possède des ressources minérales : charbon, plomb, zinc et
cuivre. Le grand centre minier de l'île est le massif de l'Iglesiente
(charbon du Sulcis). L'industrialisation, encore limitée, progresse
lentement. Les principaux secteurs industriels sont l'extraction minière, la
pétrochimie (Cagliari, Porto Torres), l'agroalimentaire (vins, olives,
fromages), la sidérurgie, la mécanique, la cimenterie. Les ports (Cagliari, Olbia,
Porto Torres) sont très actifs. Le tourisme balnéaire envahit le littoral.
Celui-ci s'oppose, par son récent développement, à l'intérieur montagneux en
déclin, frappé par le dépeuplement.
Grâce à ses ressources minières, la Sardaigne connut une grande
prospérité à l'âge du bronze, attestée par de nombreux monuments :
dolmens, tombes des géants et quelques 6 000 nuraghi
(1400-900 av. J.-C.), tours-forteresses coniques qui servaient de
refuge à la population autochtone. Au VIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens, attirés par les
mines, établirent des comptoirs côtiers : Nora, Sulcis et Caralis
(Cagliari). Ils se heurtèrent rapidement à la concurrence des Phocéens qui
fondèrent la colonie d'Olbia. Ceux-ci inquiétèrent à la fois les Étrusques et
les Carthaginois, qui, coalisés, vainquirent leurs rivaux grecs en
535 av. J.-C., à Alalia (aujourd'hui Aleria), en Corse. La
Sardaigne passa alors sous influence punique puis sous domination romaine en
238 av. J.-C. Elle forma avec la Corse une seule province romaine.
La pacification de l'île fut longue et difficile. Détachée administrativement
de la Corse au début de l'Empire, elle devint une province impériale en
66 apr. J.-C. En raison des fièvres (malaria) qui y sévissaient,
l'île servit, aux IIe et IIIe siècles, de lieu de déportation, notamment pour les
chrétiens. La Sardaigne fut occupée par les Vandales en 436. Reconquise par
le général Bélisaire en 534, elle passa sous la domination de Byzance. Du VIIIe au XIe siècle, l'île subit les attaques répétées des sarrasins.
Les républiques italiennes de Pise et de Gênes se disputèrent la Sardaigne
jusqu'à la victoire des Génois en 1284, à la bataille navale de la Meloria.
En 1297, le pape Boniface VIII attribua la souveraineté de la Sardaigne
à l'Aragon, qui en prit effectivement possession en 1325. La Sardaigne passa
ensuite à l'Espagne. Celle-ci la conserva jusqu'au traité d'Utrecht (1713),
qui livra l'île à l'Autriche. En 1720, l'empereur Charles VI, désireux
de reconstituer le royaume de Naples, échangea, avec le duc de Savoie, la
Sardaigne contre la Sicile. Ainsi naquirent les États sardes, ou royaume de
Sardaigne, réunissant l'île et les possessions continentales de la maison de
Savoie. La Sardaigne fut rattachée au nouveau royaume d'Italie en 1861. Elle
constitue depuis 1948 une région autonome de la République italienne, avec
une assemblée régionale et un gouvernement particulier. Longtemps négligée
par les gouvernements italiens, la Sardaigne fit l'objet, en 1962, d'une
politique économique visant à industrialiser l'île et à stopper l'émigration.
Les résultats sont restés, à ce jour, insuffisants. Superficie :
24 090 km2 ;
population (1991) : 1 655 859 habitants.
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