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Nouvelle-Calédonie, territoire d’outre-mer de la France,
situé en Océanie (Mélanésie), dans la mer de Corail, dans le sud-ouest de
l’océan Pacifique, à l’est de l’Australie.

GÉOGRAPHIE
Le territoire est
composé de l’île de Nouvelle-Calédonie elle-même (appelée Grande Terre), et
de plusieurs îles plus petites et groupes d’îles formant ses dépendances.
Celles-ci comprennent notamment les îles Loyauté, à l’est de la
Nouvelle-Calédonie, l’île des Pins, au sud-est, les îles Chesterfield, à
l’ouest, et les îles Huon, au nord-est. La capitale du territoire est Nouméa,
principale ville et port le plus important, située sur l’île de
Nouvelle-Calédonie.
La population du
territoire de Nouvelle-Calédonie est composée, pour 44 p. 100, de
Mélanésiens, également appelés Canaques, et, pour environ
34 p. 100, d’Européens, surtout d’origine française, appelés
Caldoches. Le reste de la population est formé de Vietnamiens, de Polynésiens
et d’Indonésiens. La population du territoire vit principalement sur le
littoral de l’île de Nouvelle-Calédonie elle-même. Cette dernière est
ceinturée par un récif-barrière corallien et est formée d’une arête
montagneuse culminant au mont Panié, à 1 650 m d’altitude.

ÉCONOMIE
L’économie du
territoire repose sur des activités diversifiées, mais l’agriculture continue
de jouer un rôle important. En effet, en plus des cultures de subsistance
subtropicales, telles que l’igname, la patate douce, le taro ou le manioc, la
Nouvelle-Calédonie exploite également des plantations de café et de
cocotiers. Et le territoire exporte du coprah. Le secteur agricole est
complété par l’élevage. Pratiqué essentiellement à l’intérieur des terres de
l’île de Nouvelle-Calédonie, où le relief et la faible occupation humaine
justifient une forme extensive, l’élevage néo-calédonien concerne les ovins
(environ 100 000 têtes) et les chèvres (20 000 têtes).
Néanmoins, l’activité agricole souffre de l’éloignement des grandes zones de
consommation et de la concurrence internationale, que ce soit sur les
cultures commerciales, telles que le coprah ou le café, ou sur les
productions destinées à l’alimentation, telles que le bétail ou le maïs.
C’est donc
l’exploitation minière qui fait la richesse du territoire, en particulier le
nickel, avec le gisement de Thio. Traité sur place et exporté vers les pays
industrialisés, le nickel représente les quatre cinquièmes des exportations
de la Nouvelle-Calédonie, qui se place régulièrement comme le troisième
producteur de nickel au monde. Les richesses minières comportent également du
chrome, du cobalt, du fer, du cuivre, de l’or et du manganèse, mais dans des
proportions moins importantes que le nickel. Le tissu industriel
néo-calédonien est peu développé : hormis les sites de productions
minières et la centrale de Yaté, les principales activités industrielles du
territoire consistent en la transformation des produits agricoles et la
production de biens de consommation courants. En revanche, depuis plusieurs
années, la Nouvelle-Calédonie mise sur le tourisme qui connaît un
développement certain grâce aux atouts du territoire. Mais l’éloignement de
la France nécessite d’attirer une clientèle plus locale, c’est-à-dire en
provenance du Pacifique sud.

HISTOIRE
L’île de
Nouvelle-Calédonie fut découverte par le navigateur britannique James Cook,
lors de sa seconde expédition en 1772-1773 ; c’est lui qui la nomma
ainsi en 1774, à partir du nom ancien de l’Écosse. Le navigateur français
d’Entrecasteaux visita l’île, en 1793, et, en 1843, une mission catholique
française y fut installée. Il fallut cependant attendre 1853 pour, qu’au nom
de la France, l’amiral Febvrier Despointes prenne possession de l’île en
représailles au massacre par les indigènes, trois ans auparavant, des marins
du navire français l’Alcmène.
La ville de
Nouméa fut fondée en 1854, et l’île fut rattachée aux Établissements français
de l’Océanie qui englobaient également la Polynésie. En 1860, pourtant, l’île
et ses dépendances devinrent une colonie autonome. Elles servirent, surtout
l’île des Pins, de colonie pénitentiaire entre 1864 et 1896, en particulier
pour les communards et notamment Louise Michel en 1872. Cependant, en raison
des abus du système colonial, une grande insurrection des Canaques qui fut
très durement réprimée eut lieu en 1878.
En 1940, la
Nouvelle-Calédonie fut l’une des premières colonies françaises à se rallier
aux Forces françaises libres du général de Gaulle. Occupée par les États-Unis
à partir de 1942, l’île revint à la France et devint un territoire
d’outre-mer en 1946. Elle bénéficie de l’autonomie de gestion, depuis 1976,
et d’un statut d’autonomie interne, depuis 1984. Cette même année 1984 fut
marquée par de violents affrontements entre les partisans de l’indépendance,
regroupés au sein du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS),
dirigé par Jean-Marie Tjibaou, et les anti-indépendantistes du Rassemblement
pour la Calédonie dans la République (RPCR) de Jacques Lafleur.
Un statut d’État
indépendant associé à la France fut élaboré en 1985. Mais ce projet resta
lettre morte en raison de l’alternance politique en France même, en 1986. Un
véritable climat insurrectionnel s’établit alors dans certaines parties du
territoire. Aussi, en 1988, de violentes émeutes des séparatistes mélanésiens
obligèrent cependant la France à mener des négociations entre les deux
parties en présence. Connues sous le nom d’accords de Matignon, ces
négociations furent menées par le Premier ministre français de l’époque,
Michel Rocard. Elles aboutirent à la mise en place d’un nouveau système
d’administration fondé sur une division du territoire en trois provinces. Ce
statut reste toutefois précaire et la situation parfois tendue comme le
prouva, en 1989, l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou par un extrémiste canaque.
Les accords de Matignon prévoyaient au bout de dix ans la tenue d’un
référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Des négociations
s’engagèrent à l’approche de cette échéance et aboutirent en mai 1998 à la
signature d’un nouvel accord dit de Nouméa. Selon cet accord, qui en
préambule reconnaît le contentieux colonial entre la France et les Canaques
dont l’identité et la culture seront désormais mieux prises en compte, la
Nouvelle-Calédonie doit acquérir une très large autonomie et devenir progressivement
un État associé à la France.

Entre 2013 et
2018, le territoire disposera de son entière souveraineté et un référendum
décidera de son accession ou non à l’indépendance. Signé par le FLNKS, le
RPCR et le Premier ministre, Lionel Jospin, cet accord doit être approuvé par
un référendum en Nouvelle-Calédonie et faire l’objet d’une réforme
constitutionnelle précisant, par des lois organiques, les transferts de
compétence et le fonctionnement des institutions territoriales, qui doivent
permettre l’évolution de la Nouvelle-Calédonie vers une plus large autonomie
d’ici à 2013-2018. Le 8 novembre 1998, l’accord est approuvé à près de
72 p. 100 des suffrages. Le 9 mai 1999, aux élections des
trois Assemblées de province et du Congrès du territoire, les anti-indépendantistes
du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) obtiennent une
majorité relative. Avec 24 sièges sur 54 au Congrès, ils devancent les
indépendantistes du Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS)
qui remportent 18 sièges. Les Néo-Calédoniens élisent une majorité de
députés indépendantistes dans les Assemblées de la Province Nord et des îles
Loyauté, tandis que les anti-indépendantistes dominent dans la Province Sud.
Superficie :
19 058 km2 ; population (1990) : 164 180 habitants.
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