Malte, officiellement république de Malte, État insulaire situé au centre de la Méditerranée, à 80 km au sud de la Sicile, et constitué par les îles de Malte, Gozo, Comino et Filfola. L'île principale, Malte, présente une superficie de 246 km2. La superficie totale du pays est de 316 km². Sa capitale est La Valette.



LE PAYS ET SES RESSOURCES  

Relief et climat  
Malte est constituée par un plateau karstique de faible altitude (son point culminant s'élève à 239 m) et très aride. Trois usines de dessalement doivent assurer une partie de son approvisionnement en eau. Le climat, de type méditerranéen, présente des étés chauds et secs, et des hivers froids et humides. La température moyenne est de 19 °C. Les précipitations annuelles sont d'environ 560 mm.

 

POPULATION ET SOCIÉTÉ

 

            Démographie  
La population de l'archipel maltais était estimée, en 1998, à 379 563 habitants, soit une densité moyenne de 1 200 habitants au km², l'une des plus élevées du monde. Les ressources en eau de l'île étant très limitées, cette densité de population est une donnée fondamentale qui pèse sur le développement du pays. La population est citadine à 90 p. 100. Malgré les retours au pays, qui compensent le ralentissement démographique, un nombre important de Maltais vivent à l'étranger. La Valette, capitale et principal port de Malte, compte environ 16 000 habitants. Victoria, sur l'île de Gozo, en accueille environ 6 400.

Langue et religion  
Le maltais, la langue officielle, est proche de l'arabe, mais utilise un alphabet et une structure grammaticale latins. L'anglais et l'italien sont largement utilisés. Les habitants de l'archipel sont majoritairement catholiques.

            Éducation et culture  
L'enseignement est gratuit et obligatoire entre cinq et seize ans. L'université de Malte à Msida fut fondée en 1592. La population maltaise tire son originalité de son insularité ainsi que des diverses influences (sicilienne, italienne, grecque, arabe, française, anglaise, etc.) qu'elle a pu subir en raison de sa situation géographique et de la diversité de ses occupants successifs.

Institutions et vie politique

Selon la Constitution de 1964, révisée en 1974, 1987 et 1989, Malte est une démocratie parlementaire. Le chef de l'État est le président, désigné par le Parlement pour un mandat de cinq ans. Il nomme le Premier ministre, chef du gouvernement, parmi les membres du Parlement. Assisté par un cabinet, le Premier ministre est responsable devant le Parlement, composé de 65 membres élus pour cinq ans au suffrage universel.

ÉCONOMIE  


L'économie maltaise est prospère et le niveau de vie relativement élevé, malgré le poids des dépenses publiques. En 1997, le produit intérieur brut de Malte s'élevait à 3,3 milliards de dollars, le taux de croissance était de 3,7 p. 100 (contre 5,4 p. 100 sur la période 1989-1996) et le taux de chômage était de 4,5 p. 100.

 

Agriculture, industrie et services

 

  Les terres cultivées représentent environ 34 p. 100 du territoire. Le climat permet la culture de primeurs (oignons, pommes de terre, oranges), de céréales et de fleurs, mais la forte densité de population et la pauvreté du sol rendent nécessaire les importations de denrées alimentaires. On trouve de petits élevages de volailles, porcs, bovins, chèvres et moutons.

Malte occupe une place importante dans la construction navale ainsi que dans l'entretien des navires et des plates-formes pétrolières. Les autres activités du pays sont la production de textile, de matériel électrique et électronique, de plastique et de produits chimiques. Au premier rang des services, le tourisme joue un rôle économique très important (il emploie environ un tiers de la population active) et génère près de 550 millions de dollars de revenus chaque année. Malte a accueilli 900 000 touristes en 1990.

 

Échanges

Les principaux produits d'exportation sont le textile, l'équipement de transport et les produits manufacturés de base ; Malte importe surtout des aliments, des combustibles et des matières premières. Ses partenaires commerciaux sont l'Italie, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Allemagne. L'unité monétaire est la lire maltaise, divisée en 100 cents.

 

HISTOIRE

 

Préhistoire et Antiquité

 Les premières traces de vie humaine à Malte remontent au Ve millénaire av. J.-C., et la préhistoire du pays reste présente à travers de nombreuses ruines de temples mégalithiques. L'exceptionnelle situation géographique de Malte au cœur de la Méditerranée explique l'ancienneté de sa colonisation et la diversité de ses occupants. Devenu une colonie phénicienne au IXe siècle av. J.-C., l'archipel fut occupé par les Grecs en 736 av. J.-C., passa sous la domination de Carthage au VIe siècle av. J.-C., puis de Rome (218 av. J.-C.). Malte fut christianisée vers 58 ou 60 apr. J.-C. par saint Paul. Après la chute de l'Empire romain, les îles furent livrées aux Vandales, aux Ostrogoths puis aux Byzantins (533 apr. J.-C.), avant d'être envahies par les Arabes en 870, puis conquises par le royaume de Sicile en 1091. En 1530, l'empereur Charles Quint donna Malte aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem chassés de Rhodes. Devenus les chevaliers de Malte, ils marquèrent fortement de leur empreinte l'archipel jusqu'au XIXe siècle. Les fortifications de Jean Parisot de La Valette, qui devait donner son nom à la capitale, permirent à Malte de résister au siège des Ottomans en 1565. Au cours du XVIIIe siècle, les îles étaient un point de passage très actif pour les navires reliant la France aux pays de la Méditerranée orientale.

La domination britannique

 En 1798, Bonaparte conquit Malte, mais la population résista, fit appel à la Grande-Bretagne et les Français durent se retirer deux ans plus tard. Le traité de Paris de 1814 reconnut les Maltais comme sujets britanniques. Le XIXe siècle vit la montée de revendications nationalistes, et les Britanniques durent concéder, en 1849 et 1887, des constitutions augmentant le nombre d'élus maltais au Conseil législatif. En 1921, à la suite de violentes émeutes, une constitution instaurant un parlement fut établie, mais suspendue en 1930 en raison de l'agitation croissante. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Malte fut un indispensable point d'appui pour les offensives britanniques en Libye. Elle sut résister aux terribles bombardements italiens et allemands et, après la déroute de l'Axe en Afrique du Nord, en 1943, servit la même année de base pour le débarquement allié en Sicile. La lutte pour l'indépendance devait reprendre dès la fin du conflit.

L'indépendance

 En 1947, Malte accéda à l'autogouvernement, tout en restant colonie britannique. En 1955, le pays obtint le statut de dominion, réclamé par Dominic Mintoff, dirigeant du Parti travailliste. Après la victoire du Parti nationaliste de George Olivier aux élections de 1962, le Parlement vota l'indépendance de l'État de Malte. Celle-ci fut officiellement accordée par les Britanniques en mai 1964 et proclamée le 21 juillet. Malte devint membre des Nations unies le 1er décembre de la même année.

Le gouvernement Mintoff

 Aux élections de juin 1971, le Parti nationaliste fut battu, et Dominic Mintoff devint Premier ministre d'un cabinet travailliste. Le 13 décembre 1974, Malte devint officiellement une République. La vie politique du pays fut marquée dans les années qui suivirent par son neutralisme et son non-alignement dans les affaires internationales, puis par une coopération étroite avec la Libye à la fin des années 1970. Les relations se tendirent en 1980, en raison d'un conflit sur les droits de forage pétrolier. En décembre 1981, le gouvernement Mintoff obtint un troisième mandat de cinq ans. En décembre 1984, Mintoff démissionna et fut remplacé par C. Mifsud Bonnici. Après seize ans d'opposition, les nationalistes remportèrent les élections de mai 1987 et leur chef, E. Fenech-Adami, devint Premier ministre. Le parti conserva sa majorité aux élections de février 1992. En 1990, Malte et la Libye renouvelèrent leur traité de coopération bilatérale jusqu'en 1995. La même année, Malte a demandé son adhésion à l'Union européenne. La candidature de l'État a été rejetée en 1993, principalement en raison de sa petite taille.

Les élections législatives d'octobre 1996 ont été remportées par le Parti travailliste, et le nouveau Premier ministre, Alfred Sant, a annoncé qu'il envisageait de resserrer les liens avec la Libye. Son gouvernement a rompu le processus d'intégration à l'Union européenne et n'a pas pu éviter la majoration des droits de douane et des taxes à l'importation. En septembre 1998, Eddie Fenech Adami a succédé à Alfred Sant au poste de Premier ministre.

 

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