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Islande, officiellement république d’Islande, pays insulaire de l’océan Atlantique Nord situé au-dessous du cercle polaire Arctique, à 287 km au sud-est du Groenland et à 798 km au nord-ouest de l’Écosse. L’Islande a une superficie de 103 000 km². Sa capitale est Reykjavík.
LE PAYS ET SES RESSOURCES Relief et hydrographie
Climat Flore et faune
POPULATION ET SOCIÉTÉ Démographie Division administrative et principales
villes Langue et religion Éducation L’éducation est gratuite jusqu’à l’université et obligatoire pour tous les enfants de 6 à 16 ans. Environ le quart des étudiants de troisième cycle effectuent leurs études à l’étranger. L’université d’Islande (fondée en 1911), située à Reykjavík, est la seule à dispenser un enseignement dans toutes les disciplines. La capitale possède également plusieurs établissements d’enseignement spécialisé (technique, agricole et musical). Institutions et vie politique L’Islande est gouvernée selon la Constitution entrée en vigueur lors de l’accession du pays à l’indépendance complète, le 17 juin 1944. Elle ne possède pas de forces armées, sinon 130 garde-côtes, mais elle est membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. À la tête de l’État se trouve un président élu tous les quatre ans au suffrage universel par les citoyens âgés de plus de dix-huit ans. Le pouvoir exécutif est exercé par un cabinet de ministres, dirigé par un Premier ministre, responsable devant le Parlement. Le corps législatif islandais est l’Althing (63 membres), qui se réunit presque sans interruption depuis sa création en 930. Une seconde Chambre a été instituée en 1991. La plus haute juridiction islandaise est la Cour suprême, composée d’un président et de sept assesseurs, nommés par le président. Les partis traditionnels islandais, constitués avant 1930, sont le parti de l’Indépendance (centre droit), le parti du Progrès et le Parti social-démocrate, tous deux plutôt proches du centre gauche. Un peu plus à gauche sur l’échiquier politique figure l’Alliance du peuple, fondée en 1956. En 1983, une liste des femmes a été constituée. ÉCONOMIE Agriculture La pêche est l’activité économique la plus importante du pays, comptant pour plus de 79 p. 100 des recettes d’exportation et employant environ 12 p. 100 de la population active. L’Islande est un des premiers producteurs de morue et de capelan, qui constituent les 2/3 des prises, le reste comprenant des crustacés, des harengs, des rougets et des colins. En 1992, le total des prises avoisinait les 160 millions de tonnes. Les villes côtières sont dotées d’usines de transformation des produits de la pêche. Sous la pression internationale, l’Islande a cessé toute chasse à la baleine en 1989. Mines et industries L’Islande renferme quelques ressources minérales prisées (perlite, pierre ponce et diatomite, cette dernière étant obtenue en raffinant les terres du fond du lac Mývatn), dont l’exploitation rentable est difficile. En dehors de la pêche, les activités traditionnelles sont peu concentrées et se consacrent au marché intérieur. Toutefois, dans les années soixante, des sociétés étrangères, attirées par le faible coût des ressources énergétiques islandaises, ont implanté des usines destinées à la production et à l’exportation de diatomite et d’aluminium (à partir de bauxite importée). Le potentiel énergétique de l’Islande est considérable. On estime que seulement 1/10 de l’énergie hydroélectrique des rivières et 1/20 de l’énergie géothermale ont été exploités. Près de 93,3 p. 100 de l’énergie électrique consommée par l’Islande sont produits par des installations hydroélectriques. La production annuelle en 1997 avoisinait les 5,5 milliards de kWh. L’eau chaude des sources sert au chauffage intérieur, à la culture sous serre et à certaines industries. Échanges L’unité monétaire de l’Islande est la couronne islandaise, valant 100 aurar. En 1981, le gouvernement a introduit une nouvelle couronne, valant 100 anciennes couronnes. Ce réajustement a été motivé par la lutte contre l’inflation qui a sévi de la fin des années soixante-dix jusqu’au début des années quatre-vingt-dix et a été suivi de plusieurs dévaluations. Dans une optique de libéralisation économique, le gouvernement a beaucoup réduit, depuis le milieu des années quatre-vingt, les contrôles qu’il exerçait précédemment sur les activités bancaires et financières. Mais il possède encore deux des trois principales banques commerciales. Le montant annuel des importations islandaises est généralement supérieur à celui des exportations. En 1996, les importations annuelles représentaient environ 2,03 milliard de dollars (2 milliards de dollars en 1997), tandis que les exportations rapportaient 1,90 milliard de dollars (1,85 milliard de dollars en 1997). Les principales importations sont constituées de pétrole raffiné, de machines, d’équipements de transport, de textiles et de vêtements, de produits chimiques et alimentaires. Le poisson et les produits dérivés constituent 80 p. 100 des exportations et les métaux non ferreux, environ 9 p. 100. Les principaux partenaires commerciaux de l’Islande sont le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, la France, la Norvège, l’Italie et le Japon. L’Islande compte environ 12 691 km de routes, essentiellement situées à proximité des côtes. Seuls 2 682 km sont goudronnés, dont les 1 400 km de l’Hringvegur (« l’Anneau »), qui forme un cercle tout autour de l’île. L’Islande ne possède ni chemin de fer ni voies navigables mais plusieurs ports, dont Arkanes, Keflavík, Reykjavík et Siglufjördhur. La compagnie aérienne nationale, Icelandair, assure les vols nationaux et internationaux. 5 quotidiens sont publiés à Reykjavík et à Akureyri, totalisant un tirage de 145 000 exemplaires. Le gouvernement gère le téléphone et le télégraphe. En 1986, l’État a renoncé à son monopole sur la radio et la télévision et, depuis 1993, huit radios et une chaîne de télévision privées sont opérationnelles. HISTOIRE Les origines de la nation islandaise On dit que les Norvégiens Ingólfur Arnarson et sa femme Hallveig Fródadóttir ont été les premiers habitants de l’Islande. En 874, ils fondent Reykjavík, l’actuelle capitale. D’autres Norvégiens et des Celtes suivent, et, en 930, les Islandais créent une Assemblée nationale, l’Althing, le plus vieux Parlement du monde. Malgré l’absence de gouvernement central ou de monarchie établie, l’Althing promulguait les lois et servait de tribunal. L’État islandais a su se maintenir ainsi pendant plus de trois cents ans. Le pays dispose à cette époque de vastes pâturages et de grandes réserves de poissons, de phoques et de volailles. Les marchands islandais opèrent en Scandinavie, en Europe continentale et dans les îles anglaises. La culture islandaise peut se développer, notamment à travers une riche littérature médiévale. À la fin du Xe siècle, les Islandais colonisent le Groenland et, en l’an mil, l’explorateur islandais Leif Eriksson atteint l’Amérique du Nord (le Vinland), mais les tentatives d’implantation restent sans lendemain. L’autorité danoise En 1262, en partie pour mettre fin aux luttes entre chefs locaux, l’Islande déclare allégeance à la Couronne norvégienne, mais reste relativement autonome. Toutefois, cette période est marquée par une grande décadence et une misère considérable. En 1380, l’Islande et la Norvège s’unissent à la Couronne danoise. De 1402 à 1404, une épidémie de peste noire décime les 2/3 de la population islandaise. Craignant la concurrence islandaise, notamment dans le secteur de la pêche, le Danemark tente d’isoler l’île économiquement et la contraint à réduire ses échanges avec les îles britanniques et les États germaniques. En 1602, le Danemark instaure finalement un monopole commercial avec l’Islande, qui perd ainsi toute autonomie économique. En 1530, les Danois introduisent le luthéranisme dans l’île, mais la Réforme rencontre une farouche résistance qui ne prend fin qu’avec l’exécution sans procès de l’évêque catholique Jón Arason en 1550, tandis que l’Église luthérienne est instituée religion officielle. Bien que l’Islande soit encore luthérienne de nos jours, Arason demeure un héros national. Au XVIIIe siècle, une épidémie de variole (1707-1709) décime près du tiers de la population, et le pays est dévasté par l’éruption du volcan Laki en 1783. La marche vers l’indépendance Le XIXe siècle est une période de restauration nationale, inaugurée en 1787 par un assouplissement des lois commerciales. En 1843, l’Althing est restauré et, en 1874, une nouvelle constitution est promulguée, instaurant un contrôle partiel de l’Althing sur les finances publiques. Le combat pour l’indépendance se fait plus virulent. En 1904, l’Islande obtient l’autonomie interne et, en 1918, elle accède finalement à l’indépendance, le roi de Danemark conservant son titre de roi d’Islande. Enfin, au début de 1944, 97,3 p. 100 des votants se prononcent, par référendum, en faveur de la séparation totale avec le Danemark et, le 17 juin de la même année, est proclamée la République islandaise. L’affirmation de l’indépendance
Depuis 1918, la plupart des gouvernements qui ont dirigé l’Islande ont été des gouvernements de coalition. Depuis 1991, une coalition est au pouvoir, regroupant le Parti social-démocrate et le parti de l’Indépendance (centre droit), dirigé par David Oddson qui a été nommé Premier ministre. L’Islande depuis 1980 Première femme
élue à la tête d’un État constitutionnel, Vigdís Finnbogadóttir a présidé aux
destinées de l’Islande à partir de 1980. Jouissant d’une très grande
popularité, elle fut réélue en 1984, 1988 et 1992. Elle ne se représenta pas
à l’élection de juin 1996 et c’est Olafur Ragnar Grimsson, ministre des
Finances entre 1988 et 1991, qui lui succéda à la tête de l’État. En
autorisant, en décembre 1998, l’accès exclusif du fichier médical de tous les
habitants de l’île à une société privée américaine spécialisée en recherches
génétiques, le Parlement a provoqué une importante polémique. Aidée par de
bons résultats économiques, la coalition gouvernementale de David Oddsson
(conservateurs-centristes) a obtenu plus de 40 p. 100 des suffrages
et 27 sièges, lors des élections législatives du 8 mai 1999,
devançant de près de 14 points l’Alliance, coalition électorale de
socialistes, féministes et sociaux-démocrates. |